Soutenance de thèse d'Anne-Gaëlle Beurier

Du 07.11.2025 - 14:00 au 07.11.2025 - 19:30

Je soutiens prochainement ma thèse intitulée : « Dépasser les frontières » ? Politiques et expériences de l’interdisciplinarité dans les Sciences de l'environnement territorialisées. Le cas des Observatoires Hommes-Milieux du CNRS.

La soutenance aura lieu à 14h le 7 novembre à la Maison de la Recherche, 4 rue des Irlandais, à Paris.

Un lien zoom sera ultérieurement disponible pour suivre la soutenance en ligne. Plus d’informations suivront après la réception des rapports de thèse, mais je vous invite d’ores et déjà à réserver la date.

Illustration de Louis Aureglia
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Résumé de la thèse :
Cette thèse de sociologie des sciences analyse la manière dont la question environnementale, érigée en problème social, reconfigure l’organisation de la production des connaissances dans la recherche publique française. Elle examine les dynamiques de promotion institutionnelle de l’interdisciplinarité élargie entre sciences humaines et sociales, sciences de la nature et sciences de la terre, et la façon dont les chercheur·es s’en saisissent. Le travail d’analyse retrace, en plusieurs séquences socio-historiques des années 1960 à aujourd’hui, la généalogie d’un mouvement scientifique et intellectuel, les sciences de l’environnement territorialisées, au regard des sciences de l’environnement planétaires. Il s’attache à saisir comment l’institutionnalisation de ce domaine, dont la fondation de l’Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS constitue l’acmé, se confronte aux résistances liées à une organisation disciplinaire soucieuse de préserver son autonomie face à des dynamiques perçues comme relevant d’une « néolibéralisation » de la recherche. Faute d’un soutien institutionnel de grande ampleur, une série de dispositifs plus ou moins pérennes a été mise en place pour soutenir ce type de pratiques interdisciplinaires, parmi lesquels les Observatoires Hommes-Milieux (OHM ; Labex DRIIHM). Cette thèse s’attache à décrire les modes d’organisation concrets de l’interdisciplinarité au sein de ces dispositifs et des territoires où ils s’inscrivent. En suivant comment s’y exercent les tensions entre disciplinarité et interdisciplinarité, localisation et globalisation des recherches, excellence scientifique et réponse à la demande sociale, ce travail montre que les formes prises par l’interdisciplinarité dépendent étroitement de configurations locales et de l’accès différencié aux ressources matérielles et humaines. L’étude des pratiques interdisciplinaires à l’échelle des projets de recherche, et du sens qu’en donnent les chercheur·es selon leur parcours professionnel, révèle le rôle spécifique des OHM dans la socialisation interdisciplinaire. Enfin, la thèse met en évidence les tensions entre autonomie scientifique et réponses à la demande sociale, ainsi que les inégalités socioépistémiques qui peuvent en résulter. L’enquête repose sur quatre-vingts entretiens réalisés auprès de plusieurs générations de chercheur·es impliqué·es dans ces formes de recherche, de responsables institutionnels engagés dans leur promotion, ainsi que de membres des OHM. Elle mobilise en parallèle un travail documentaire pour reconstituer l’émergence de ce mouvement scientifique, des observations directes et participantes, ainsi qu’une approche quantitative visant à caractériser les collaborations scientifiques à l’échelle des projets financés.


*L'illustration est de Louis Aureglia

Contact : anne-gaelle.beurier@sorbonne-nouvelle.fr

Soutenance de thèse d'Anne-Gaëlle Beurier