Tous les ménages vivant dans les zones informelles sont vulnérables aux risques environnementaux ?

NumerosImpromptus
  • #06
Résumé La croissance urbaine en Afrique au Sud du Sahara est sans précédent dans l’histoire des établissements humains à travers le monde, notamment par le développement spectaculaire des zones informelles d’habitat précaire. Aujourd’hui, 62 % de la population urbaine des villes sub-sahariennes vit dans les zones informelles. Dans ces zones, l’accès aux services urbains de base - eau, électricité, assainissement et voiries, établissements publics d’éducation et de santé, etc.- est généralement inexistant, ou réservé à quelques privilégiés. Pour autant, peut-on dire que tous les résidents des zones d’habitat informelles sont vulnérables aux risques environnementaux ? Le sont-ils tous de manière différente par rapport aux ménages qui habitent dans les zones formelles ? La diversité des situations individuelles en termes de motivation du choix de zone de résidence et plus généralement les caractéristiques sociodémographiques et économiques (revenu et emploi) permettent de remettre en question cette dichotomie simpliste. A travers le cas de la ville de Ouagadougou, l’objectif de ce chapitre est de mettre au jour la complexité de la seule binarité opposant les zones formelles d’un côté aux zones informelles de l’autre. Notamment, de nombreux « entre-deux » illustrent l’émergence de nouvelles identités urbaines. Loin d’être passives et exemptes de toute capacité de réponse, les populations vivant dans les zones informelles développent des stratégies pour s’adapter aux contraintes existantes dans ces quartiers.
Abstract Urban growth in sub-Saharan Africa is unprecedented in the history of human settlements around the world, notably through the spectacular development of informal areas of precarious housing. Today, 62% of the urban population of sub-Saharan cities lives in informal areas. In these areas, access to basic urban services - water, electricity, sanitation and roads, public education and health centers, etc. - is generally non-existent, or reserved for some favored. However, can we say that all residents of informal settlements are vulnerable to environmental risks? Are they all different in comparison to households living in formal areas? The diversity of individual situations in terms of motivation for the choice of area of residence and more generally the socio-demographic and economic characteristics (income and employment) make it possible to question this simplistic dichotomy. Through the case of the city of Ouagadougou, the aim of this chapter is to bring light to the complexity of the duality opposing formal areas on one side, to informal areas on the other. In particular, many «inbetween» situations illustrate the emergence of new urban identities. The populations living in informal areas are developing strategies to adapt to the constraints existing in these neighborhoods.
Année de publication 2020
Discipline
  • Démographie
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